mercredi 25 juin 2008

Dia mise sur un nouveau cheval de Troyes


© Photo: Hikmet Loe, 27 fév. 2008, tous droits réservés.

Ci-dessous, ce blog vous tient informés de l'évolution du dossier.
Ci-contre, une revue de presse, des liens et infos utiles.
Crédit photographique et éditorial: voir note en bas de blog.
Un nouveau jour se lève sur la Dia Art Foundation, dépositaire de la Spiral Jetty. Le 29 février dernier, nous annoncions la démission de Jeffrey Weiss, son directeur depuis neuf mois. Dia a dévoilé ce lundi l'identité de son successeur, Philippe Vergne, un Français de 42 ans originaire de Troyes: Champagne pour tout le monde!

Vergne possède une longue expérience de conservateur. Il a été directeur du Musée d'Art Contemporain de Marseille de 1994 à 1997. C'est d'ailleurs au MAC, en 1994, que s'est tenue la grande rétrospective Robert Smithson: le paysage entropique 1960-1973. En 1997, il est devenu conservateur, puis conservateur en chef au Walker Art Center de Minneapolis. A l'automne 2004, il avait été nommé directeur de la Fondation François Pinault. Mais l'année suivante, lorsque Pinault a abandonné le projet de Boulogne et décidé de s'implanter à Venise, Vergne a démissionné pour retourner au WAC comme directeur adjoint. Il a notamment réalisé l’exposition itinérante “Let’s Entertain: Life's Guilty Pleasures”, présentée en 2000 au Centre Pompidou sous le titre “Au-delà du spectacle”. Vergne était l'un des commissaires invités pour “La force de l’art” au Grand Palais en 2006. Il a également co-organisé en 2006, avec Chrissie Iles, la Biennale du Whitney Museum, "Day for Night". Il publie régulièrement dans Artforum et Parkett.

Philippe Vergne déclare avoir toujours été "un grand fan de Dia" et se dit prêt à "écrire un nouveau chapitre" de son "incroyable histoire", "loin du modèle du musée traditionnel". Son premier objectif consiste à trouver un nouveau lieu d'exposition permanente à Manhattan. En 2003, la fondation a inauguré Dia:Beacon, un immense musée situé dans la vallée de l'Hudson, à une centaine de kilomètres au nord de New York City, dans une ancienne usine d'emballages de Nabisco. Vergne compte y renforcer la programmation avec des expositions exceptionnelles et une mise en valeur de la collection essentiellement axée sur les années 1960-1970. En janvier 2004, Dia a vendu ses locaux du quartier de Chelsea et, depuis, cherche à acquérir un autre lieu au cœur de New York.

Une autre tâche attend le nouveau directeur, qui devrait prendre ses fonctions mi-septembre: préserver le patrimoine d'œuvres in situ de la fondation. Sont en effet menacés la Spiral Jetty, par des forages pétroliers, le Lightning Field de Walter de Maria, par des promoteurs immobiliers, et City de Michael Heizer, par un projet fédéral de voie ferrée pour l'acheminement de déchets nucléaires. Or, en matière de préservation de l'environnement et du patrimoine culturel, les états et Washington légifèrent à hu et à... dia (voir message du 26 fév.).

Pour plus de détails: le communiqué de Dia
/ Artinfo.com / NY Times, 24 juin 2008
© Photo de Philippe Vergne: Allen Brisson-Smith pour le New York Times

mercredi 11 juin 2008

A l'affiche: deux centres pour la Spiral Jetty


"Around mid-August it was beginning to surface and the entire Jetty looked like a kind of archipelago of white islands because of heavy salt concentration. Two weeks later ... the Jetty was almost entirely surfaced and ... encrusted with salt crystals."R. Smithson, 1971 (Writings, 259)

Pour ceux qui n'auraient pas encore eu l'occasion de voir le film de Robert Smithson, Spiral Jetty (1970), il sera projeté en boucle dans deux expositions en France:

Du 7 mai au 11 août 2008
"Traces du sacré" au Centre Pompidou
Deux toiles de Smithson
sont également exposées, Green Chimera with Stigmata et Jesus Mocked (1961), qui font partie de la collection George Lester.

Du 29 juin 2008 au 7 janvier 2009
"Du jardin au Cosmos" à l'Espace de l'Art Concret
Château de Mouans, 06370 Mouans-Sartoux (près de Grasse)
Vernissage le 29 juin à partir de 11h. Tél. 04 93 75 71 50

Si vous ne pouvez vous y rendre, Spiral Jetty s'achète ou se loue dans différents formats, mais uniquement auprès de deux organisations basées à New York, Electronic Arts Intermix (EAI) et The Film-Makers' Cooperative. Dans ce film de 35 minutes, Smithson documente la réalisation et la signification de la sculpture.

From the center of the Spiral Jetty

North — Mud, salt crystals, rocks, water
North by East — Mud, salt crystals, rocks, water
Northeast by North — Mud, salt crystals, rocks, water
Northeast by East — Mud, salt crystals, rocks, water...

R. Smithson, Spiral Jetty, 1970 (Writings, 149)

vendredi 6 juin 2008

Demain: concert de Philip Glass au Grand Palais

Toujours pas d'évolution dans le dossier Spiral Jetty contre Oilzilla. Et comme on dit, pas de nouvelles, pas de nouvelles... Art in America fait brièvement le point ce mois-ci. Un article est également sorti dans le magazine français Terra Economica (pdf). Il résume la situation mais on n'y apprend rien de neuf. Merci à Marc pour l'info et bon concert.

Demain à 19h30 en effet, dans le cadre de la Monumenta 2008 consacrée à Richard Serra, aura lieu un concert exceptionnel de Philip Glass au Grand Palais. Le compositeur est un ami du sculpteur depuis plus de 40 ans. Ils se sont d'ailleurs rencontrés en 1965 à Paris, où ils couraient après Giacometti (voir article du Nouvel Obs, 19 juillet 2007). Les notes envoûtantes de sa "musique aux structures répétitives" (Etudes and other works for Solo Piano) vont résonner entre les plaques d'acier géantes, également répétitives, de l'œuvre de Serra, Promenade, quasi invisible sous certains angles et vertigineuse sous d'autres. Sculpture d'air contre sculpture de métal. Serra a su tirer parti de l'immense espace de cette verrière dans un jeu magistral de formes, de matières, de perspective, de lumière, d'équilibre, d'échelle... Serra explique: "Je m'intéresse au mouvement dans le paysage; comment un lieu se transforme quand nous nous déplaçons, comment nous le recréons à chaque pas, selon chaque perspective." (Le Monde, 18 avril 2008)

Le prix d'entrée au concert est celui de l'exposition: 4 euros. Les Parisiens n'auront donc aucune excuse pour manquer cet évènement! Pour les fans de Robert Smithson, dans son agenda figure le 16 janvier 1970 à 20h30: "concert de Phil Glass". Ces trois artistes fréquentaient alors le légendaire café Max's Kansas City situé sur Park Avenue South.

© Photo de Philip Glass par Chuck Close tirée du site officiel: http://www.philipglass.com.
Photo ci-contre: voir note en bas de blog.

mardi 6 mai 2008

La Monumenta de Richard Serra au Grand Palais


La Monumenta 2008 de Richard Serra, l'exposition annuelle du Grand Palais, débute demain et se tiendra jusqu'au 15 juin sous le titre de Promenade. Le sculpteur américain est essentiellement réputé pour ses colossales installations de plaques d'acier. Ces formes métalliques lui ont été visiblement inspirées par les chantiers navals de la Baie de San Francisco où son père travaillait et où il a lui-même a travaillé au début des années soixante pour financer ses études à Yale.

Or, Serra n'est pas uniquement ce célèbre sculpteur-équilibriste du métal, c'est aussi un merveilleux graphiste. Il a aussi réalisé des œuvres environnementales comme Afangar, sur l'île de Videy en Islande, ainsi que des vidéos. Le DVD Art:21 Season 1 (PBS, 2001) donne un bon aperçu de ce personnage charismatique. Cette excellente série présente de nombreux autres artistes parmi lesquels James Turrell (à Roden Crater), Maya Lin, Bruce Nauman ou Louise Bourgeois.

Serra, qui vient d'être fait chevalier des arts et lettres, avait assisté à la création de la Spiral Jetty en avril 1970. Sur un cliché de Gianfranco Gorgoni déjà reproduit sur ce blog (13 mars), on le voit à Rozel Point en compagnie de Robert Smithson. Lors des funérailles de Smithson à New York, Nancy Holt avait émis le souhait d'achever Amarillo Ramp, l'œuvre que son mari survolait le 20 juillet 1973 en compagnie d'un pilote et d'un photographe lorsque leur avion s'est écrasé sur les berges de ce lac artificiel du ranch de Stanley Marsh à Amarillo dans le nord du Texas. Smithson venait d'en poser les derniers jalons. Richard Serra et Tony Shafrazi ont proposé à Nancy Holt de l'assister pour finir la sculpture. Lors de ce séjour à Amarillo, Serra et Holt ont réalisé une vidéo d'une dizaine de minutes intitulée Boomerang dans laquelle Nancy commente ses impressions alors que sa voix lui est renvoyée dans des écouteurs avec un certain délai. Etiquetée de 1974, cette vidéo date en réalité de l'été 1973. Elle a été tournée dans un studio de KVII 7, une chaîne de télé locale dont le logo apparaît en incrustation à la 3ème minute.

L'année dernière, pour la Monumenta 2007, l’artiste allemand Anselm Kiefer a réalisé Palmsonntag (Dimanche des Rameaux), un palmier couché qui rappelle à la fois Second Upside-Down Tree et Dead Tree (1969) de Smithson. Kiefer a également érigé un bâtiment de trois étages en ruine, Sonnenschiff (Vaisseau de soleil), qui ressemble singulièrement au dessin de Smithson intitulé Island of the Dismantled Building - Demolition Site, Vancouver (1970).
Deux œuvres de Smithson, Nonsite: Line of Wreckage, Bayonne, New Jersey (1968) et Map of Broken Glass (Atlantis), Loveladies, New Jersey (1970), semblent se combiner dans la sculpture de verre brisé de Kiefer intitulée Sternenfall/Shevirat Ha’kelim (Chute d’étoiles/Bris de vases).

Ce titre hébreu et une possible allusion à la Nuit de cristal témoignent d’un certain embarras concernant la question de la Shoah. Kiefer semble en revanche moins empressé de rendre hommage à Smithson dans ses déclarations, malgré des similitudes évidentes. Kiefer venait de participer à l’exposition collective "Cosmologies" (11 janvier-10 février 2007) de la Galerie James Cohan de New York, qui représente la succession de Smithson. Cette exposition comprenait notamment des œuvres de Smithson et de Holt. Parmi les dizaines de documents (biographie, articles, vidéos) qui composent le site officiel de la Monumenta 2007, aucun ne fait la moindre allusion à Robert Smithson. Qu'y faire?

© Photos: Monumenta 2007 / Monumenta 2008

dimanche 27 avril 2008

L'enfer sera-t-il pavé de leurs bonnes intentions?


© Spiral Jetty. Photo: Tom Smart pour le Los Angeles Times, 2008

Contrairement aux indications de la légende du Los Angeles Times, cette photo publiée dimanche dernier a été prise le 27 février 2008. Elle illustre un article (pdf) de Nicholas Riccardi qui recèle quelques petits scoops. Le journaliste y interroge Laura Raicovich, directrice adjointe de la Dia Art Foundation, et Keith C. Hill, président-directeur de la Pearl Montana Exploration and Production, la compagnie canadienne qui cherche à forer près de la Spiral Jetty.

Hill admet avoir été inondé de lettres de protestation et que, parmi les 3000 et plus, "pas une n’était favorable" au forage. Hill en profite pour se décrire comme un "écologiste refoulé" et pour promettre de se montrer aussi "discret" que possible. Béni soit Hill... C’est aussi ridicule qu’un soldat volontaire se présentant comme un pacifiste honteux, sachant qu’il a signé pour tuer sur commande quelle qu’en soit la raison. Croire à une exploitation pétrolière verte est aussi absurde que de croire à une guerre propre. Quelqu’un a rappelé récemment qu’on était au 21ème siècle et que nos mensonges ne marchaient plus comme avant. Raicovich souligne qu'elle craint non seulement ce forage exploratoire, mais aussi la fièvre constructionniste qui accompagnerait une éventuelle décision d'exploiter la nappe.

Après City, la Spiral Jetty, et les Sun Tunnels (voir le message du 26 fév.), on apprend également dans cet article qu’une autre œuvre importante de Land Art, le Lightning Field de Walter de Maria (1977), est menacée par l’implantation de ranchettes, des résidences de loisirs ou de retraite. L’œuvre, qui s’intègre subtilement au paysage semi-aride de la région de Quemado, dans l’ouest du Nouveau Mexique, appartient comme la Spiral Jetty à la fondation Dia, qui l’entretient et en gère la visite. Une modeste cabane des années 1930 héberge les visiteurs de mai à octobre.

Le problème avec ces projets immobiliers près du Lightning Field, c’est qu’ils nécessiteraient énormément d’électricité et des quantités d’eau phénoménales pour la région afin d’alimenter piscines et pelouses. En outre, malgré—ou peut-être à cause de—la crise pétrolière, les loisirs motorisés comme le hors-bord ou le quad connaissent un développement exponentiel à travers les Etats-Unis. Des écosystèmes aussi fragiles que les dunes d’Oregon ou les déserts du sud-ouest sont littéralement piétinés par des hordes de sportifs du dimanche. Les propriétaires de ces ranchettes ne seront bien-sûr pas là pour contempler la sculpture. Les North Plains, jusqu'à présent protégées par leur isolement, seront rapidement labourées par des centaines de véhicules à moteurs.

Les villes exportent leur mal-être dans des campagnes qui se morfondent, et l’Amérique s’apprête à devenir une "Albanie en néon". Le paradis des lotissements et centres commerciaux se substitue jour après jour à la beauté ordinaire et à l’ennuyeuse quiétude de la nature sauvage. L’enfer sera-t-il pavé des bonnes intentions des promoteurs pétroliers et immobiliers?

© The Lightning Field (1974-77), détail.
Photo: Dia Art Foundation

lundi 21 avril 2008

L'Utah s'interroge sur les conséquences du forage


Le Resource Development Coordinating Committee de l'Utah, chargé d'examiner la politique d'exploitation du patrimoine public, a adressé mercredi un courrier (pdf) à la Division of Oil, Gas and Mining en lui demandant des éclaircissements sur un certain nombre de points concernant la demande d'autorisation de forage de la compagnie canadienne Pearl Montana près de la Spiral Jetty.

En s'appuyant à la fois sur des considérations légales et sur des questions concrètes posées par les différents acteurs et institutions concernés par ce forage, le comité énumère un certain nombre de points non encore élucidés, notamment sur:

- La qualité de l'air (permis spécial pour les émissions des pompes ou compresseurs), voir message du 7 février
- Le patrimoine historique et culturel (impact sur la Spiral Jetty et les installations de Little Valley Harbor qui pourraient présenter un intérêt historique)
- La qualité de l'eau et ses droits d'extraction (danger écologique en cas de fuite d'hydrocarbures, permis spécial pour prélever de l'eau pendant l'opération d'extraction, conformité du pipeline avec le Rivers and Harbors Act), voir 3 mars
- La faune et la flore (impact sur l'équilibre d'un écosystème de portée locale et internationale), voir 7 février
- La gestion des déchets industriels et toxiques (évacuation des déchets solides, stockage des fluides d'extraction, usage des infrastructures routières, plan d'urgence en cas de déversement accidentel), voir 3 mars

Ce document (pdf) est particulièrement éloquent sur les risques potentiels d'une telle entreprise au cœur de ce site exceptionnel. On y apprend aussi en introduction que le National Parks Service s'interroge sur un possible accès au site de forage par le monument historique du Golden Spike.

On se rend en effet à Rozel Point et à la Spiral Jetty par une piste qui part du site historique et qui fait partie du circuit touristique (West Side of Promontory Road). Les autorités du parc tentent de préserver la zone telle que les hommes du 19e siècle l'ont découverte. Elles craignent légitimement que le personnel de la compagnie pétrolière emprunte quotidiennement cette piste pour rejoindre en bateau les barges de forage situées à seulement 8 km du rivage, au lieu de 24 à partir de Little Valley Harbor (voir carte).

mardi 15 avril 2008

Le gouverneur de l'Utah survole la Spiral Jetty


© Photo: Ray Boren, Deseret News

Un article de Deseret News, un important journal de Salt Lake City, indique ce matin que le gouverneur de l'Utah, Jon Huntsman Jr., a participé hier à une réunion comprenant entre autres Mike Styler, directeur du Département des Ressources Naturelles de l'état, avec comme objectif de former "une commission qui contribuerait à gérer les problèmes qui affectent le Grand Lac Salé".

Huntsman s'est ensuite rendu sur la Spiral Jetty en hélicoptère. Selon sa porte-parole Lisa Roskelley, le gouverneur républicain se serait déclaré "soucieux de l'avenir du lac sur le long terme" et pas uniquement de la Spiral Jetty. Huntsman, Styler et les responsables d'autres agences de l'Utah se disent en effet "préoccupés par l'habitat naturel du lac et par la façon dont ses eaux sont impactées par les activités de loisirs, la chasse, l'industrie, les cours d'eaux qui l'alimentent et par les cinq comtés qui en réclament leur part."

Stephen Speckman, l'auteur de l'article, souligne qu'au fil des décennies quelque 50 forages exploratoires ont déjà eu lieu sous le lac et qu'environ 3000 lettres ou e-mails et presque 200 appels téléphoniques ont alerté le Public Lands Policy Coordination Office, le
bureau du gouverneur chargé de la gestion des terrains publics.

"Governor examines proposal to drill for oil near 'Jetty'" (Deseret News, 15 avril 2008

Espérons que le gouverneur Huntsman échappe à tout déterminisme
familial ou politique en ce qui concerne la préservation du Grand Lac Salé. Il est en effet l'héritier de l'empire pétrochimique de son père, Huntsman Corporation, dont il a exercé le poste de président jusqu'à son élection et l'ouverture du capital de la multinationale début 2005 (NYSE: HUN). Il a été assistant, conseiller et ambassadeur, spécialiste du commerce extérieur, auprès des administrations Reagan, Bush père et Bush fils. Huntsman a cependant aussi été le premier président de la Huntsman Cancer Foundation de l'Université de l'Utah, où Robert Smithson a donné fin janvier 1972 sa fameuse conférence intitulée "Hotel Palenque" devant un parterre d'étudiants en architecture. Huntsman s'est également impliqué auprès de Envision Utah, une organisation dont le slogan est "Préservons la beauté, la prospérité et la convivialité de l'Utah pour les générations futures". Et comme Smithson, il aime le rock progressif.

Le prochain numéro d'Envoyé Spécial sur France 2, jeudi 17 avril à 20h50, montrera un reportage sur les pratiques et les conséquences écologiques et humaines de l'exploitation des sables bitumineux en Alberta: "La Ruée vers le sable: pour quelques barils de plus". Calgary, capitale économique de cette province canadienne, héberge le siège de la Pearl Montana Exploration and Production qui cherche à forer près de la Spiral Jetty. Dans le reste du monde, l'émission est rediffusée sur TV5.

mercredi 9 avril 2008

Projet de zone tampon autour de la Spiral Jetty

Comme nous l'avions évoqué le 27 mars, des représentants de la Dia Art Foundation ont rencontré ceux de l'état de l'Utah. Il en résulte un projet de "création d'une zone tampon autour de la sculpture qui contribuera à protéger l'œuvre pour les générations futures et qui s'inscrira dans le plan de partage des ressources du lac. L'état a également étendu sa période d'examen de la proposition de forage en cours, tout en accordant à Dia la possibilité d'émettre un avis sur ses conclusions avant d'arrêter toute décision." Voir le nouveau communiqué de Dia: www.spiraljetty.org

Le projet paraît séduisant au premier abord mais il ne résoudrait pas la question de la protection de l'
écosystème
du bras nord du Grand Lac Salé dans son ensemble. Comment imaginer une "zone tampon" avec la nature? Ou bien un "plan de partage des ressources" entre d'un côté des industriels armés d'engins et de millions de dollars et de l'autre de simples promeneurs ou amateurs d'art venus admirer le cadre naturel de la Spiral Jetty? La raison du plus fort (comprenez "riche et violent") étant toujours la meilleure (on nous le répète bien assez), il y a de fortes chances qu'un tel compromis finisse en marché de dupes.

Une saine lecture à ce sujet, le dernier essai de Michel Serres:
Le Mal propre: Polluer pour s'approprier? (Paris: Le Pommier, 2008)

mardi 1 avril 2008

Artforum se souvient de la Spiral Jetty

L'article de Jeffrey Kastner (voir message du 13 mars dernier) vient de paraître dans le numéro d'avril d'Artforum (pp.167-170). Il est directement accessible sur le site du magazine et, oh surprise, il utilise p.167 une photo de 2003 qui fait partie de notre diaporama Flickr intitulé "Trailer Trash at Work".

Contrairement à ce qu'indique la légende d'
Artforum, et ce n'est pas un poisson d'avril, la photo (ci-dessus) ne montre pas la Spiral Jetty. Il s'agit de ce qu'on a surnommé Oil Jetty, une structure réalisée dans les années 20
pour accéder à une zone de forages tests. Cette jetée du pétrole, située à 600 mètres au sud-est de la Jetée de Smithson, a été réutilisée en 1978 par la compagnie américaine Amoco, l'année même de sa marée noire en Bretagne. Alors que nous connaissons une nouvelle crise pétrolière, l'histoire se répète: nouveau forages, nouvelles catastrophes. La légende de Flickr précise également que cette série montre le site de Rozel Point avant que l'état de l'Utah n'entreprenne de le nettoyer en décembre 2005. Spiral Jetty (Dia/University of California Press, 2005), un ouvrage entièrement consacré à la sculpture, venait de paraître. Comme le rappelle Kastner, Smithson éprouvait un plaisir esthétique face à ces ruines industrielles, "Le produit d'une industrie dévonienne, les restes d'une technologie silurienne, [...] une succession de systèmes artificiels embourbés dans les espoirs abandonnés" (Writings, pp.145-46). L'Utah, qui ne communique pas sur le coût de cette opération, explique néanmoins qu'elle a nécessité 16 jours et 18 bennes de plus de 30 m3. Voir Mark Milligan, "Rozel Point and Spiral Jetty Revisited, Box Elder County, Utah" dans Survey Notes 38.2 (mai 2006), pp.14-15: pdf / html.

Jeffrey Kastner a publié avec Brian Wallis
Land and Environmental Art (Londres: Phaidon Press, 1998). Ce très bel ouvrage rassemble des visuels de plus de 250 œuvres ainsi qu'une quantité d'écrits d'artistes, historiens d'art, critiques, philosophes et sociologues.

Pour trouver le lieu de vente le plus proche pour vous procurer Artforum, cliquez ici

jeudi 27 mars 2008

Parution d'un nouvel article du New York Times


© Détail de la Spiral Jetty par Tom Smart pour le New York Times, 27 fév. 2008

Le 27 février dernier,
accompagné du photographe Tom Smart, Kirk Johnson avait visité le site. Il publie ce matin un article illustré en tête de la rubrique nationale du New York Times, rien de moins. D'autres journaux importants pourraient s'intéresser au sujet dans les prochains jours: à suivre...

"Plans to Mix Oil Drilling and Water-Bound Art Clash in Utah" > pdf / permalink

On attend pour avril la décision de l'Utah en ce qui concerne l'autorisation ou non de forer au large de la Spiral Jetty. Des représentants de la fondation Dia, qui possède la sculpture depuis 1999 suite à un don de la succession de Robert Smithson, ont récemment rencontré les agences du gouvernement de l'Utah. Ils espèrent avoir été entendus. Un nouvel éditorial du Salt Lake Tribune aborde le problème de la pression industrielle sur l'écosystème du Grand Lac Salé: html

Bonne lecture!

jeudi 13 mars 2008

KSL-TV s'engage en faveur de la Spiral Jetty


Pris de court pour mars, le magazine Artforum publiera dans son numéro d'avril un article de Jeff Kastner consacré à la Spiral Jetty. Kirk Johnson espère, quant à lui, la parution de son article dans le New York Times cette fin de semaine. >>> The New York Times, 27 mars 2008

En attendant ces publications et la décision de la commission concernant ce forage près notre belle sculpture, vous pouvez visionner un sujet (texte / vidéo) diffusé hier par KSL-TV (Channel 5), une chaîne affiliée au réseau NBC qui émet de Salt Lake City dans tout l'Utah et une partie des états voisins, Arizona, Idaho, Nevada, et Wyoming. Cette chaîne est très suivie en Utah du fait qu'elle appartient aux Mormons à travers la Bonneville International Corporation. Les images de la Spiral Jetty proviennent vraisemblablement des archives de septembre 2002 de KSL, lorsque le Jetée a réémergé après des années. On voit aussi quelques photos de Smithson, dont une en compagnie de Richard Serra prise lors de la réalisation de la scultpture en avril 1970 par Gianfranco Gorgoni.

Duane Cardall débute son éditorial en expliquant: "Il est apparu évident le mois passé que la Spiral Jetty est une des plus célèbres œuvres d'arts en Utah." Puis le journaliste reprend ce que les organisations de protection ne cessent de répéter: "L'œuvre d'art mise à part, demeure la question plus cruciale de l'impact d'un forage pétrolier sur le fragile écosystème du Grand Lac Salé lui-même. Ce pétrole, dont on connaît la présence sous le Lac, est réputé bitumineux, chargé en soufre et cher à raffiner. Cela vaut-il la peine d'autoriser la poursuite de forages pour un produit d'une valeur discutable?" Et il conclut: "KSL encourage vivement l'Utah Division of Oil, Gas & Mining à bien examiner ce projet controversé sous tous ses aspect avant de permettre une quelconque opération de sondage ou d'extraction sur le Lac ou à proximité de la Spiral Jetty." KSL-TV, 12 mars 2008: texte / vidéo

Pour lire cette vidéo, vous devez avoir installé RealPlayer ou un codec ad hoc.

mardi 4 mars 2008

Un article du Monde couvre "l'affaire Spiral Jetty"


Enfin une réaction de la part de la presse française dans un article bien documenté du Monde signé Emmanuelle Lequeux, à découvrir en ligne: Le Monde, 4 mars 2008. On attend, dans le prochains jours, un article détaillé et illustré du New York Times, dont le représentant local s'est rendu sur le site mercredi dernier.

lundi 3 mars 2008

Enquête sur le coût écologique des forages

Phaedra Haywood a publié samedi dans The New Mexican un article consacré aux coûts dissimulés de l'exploitation pétrolière, notamment écologiques et sanitaires. Face au déferlement des industriels dans des zones jusqu'à présent épargnées, certains s'interrogent sur le gain réel de ces forages tous azimuts, notamment pour des états comme le Nouveau Mexique (ou l'Utah).

Les forages rompent en effet l'imperméabilité des couches géologiques, provoquant en sous-sol déséquilibres et échanges, en particulier avec les nappes phréatiques. L'exploitation elle-même nécessite des quantités d'eau phénoménales, une eau dont tout le monde sait qu'elle fait défaut dans ces régions arides. La technique de la
fracturation hydraulique permet, en injectant
de l'eau sous pression dans le puits, parfois des millions de litres mélangés à du sable et des produits chimiques, de venir à bout de certaines couches géologiques. Nombre de ces produits sont carcinogènes. Or l'EPA, l'Agence de Protection de l'Environnement chargée d'établir en 2004 un rapport fédéral à ce propos, aurait éludé certains points afin de mieux répondre aux attentes de ses commanditaires. La fracturation hydro-chimique a ainsi été exclue de la règlementation fédérale du Safe Drinking Water Act de 2005.

Ces eaux polluées sont ensuite récupérées, rarement retraitées. Elles sont le plus souvent stockées dans le sol mais définitivement perdues pour le cycle hydrologique naturel. A moins que des problèmes d'étanchéité ou des incidents d'exploitation, qui sont loin d'être rares, ne permettent à ces toxiques de contaminer les nappes.
Pour plus de détails:
The Santa Fe New Mexican, 1er mars 2008

©
Photos: Lucas Ian Coshenet/The (Farmington) Daily Times

vendredi 29 février 2008

Coup dur: la Dia Art Foundation décapitée

Jeffrey Weiss, 49 ans, directeur de Dia, fondation dépositaire de la Spiral Jetty depuis 1999, vient de démissionner aujourd'hui. On imagine que cet ancien conservateur de la collection moderne et contemporaine de la National Gallery of Art de Washington avait sous-estimé les difficultés de ce poste qu'il occupait depuis moins d'un an. A présent, trois musées et fondations de New York se retrouvent sans direction (Dia, le musée Guggenheim et le Metropolitan Museum of Art), nous rappelle Tyler Green dans ses Modern Art Notes. Décidément, c'est dur la culture. Dommage que la démission de Jeffrey Weiss intervienne alors qu'un entretien avec le gouverneur de l'Utah était en préparation pour défendre la Spiral Jetty. La nouvelle devrait sortir demain dans la presse. >>> The New York Times, 30 fév.2008.

© Photo: grammarpolice.net, 2007

mardi 26 février 2008

La vie en rose, mais plus pour très longtemps...


"Notre conscience écologique nous signifie que la production industrielle ne peut plus rester aveugle à l'environnement visuel." R. Smithson (1972)

L'acteur principal du film There Will Be Blood (Le Sang de la terre), l'anglais Daniel Day-Lewis, a remporté avant-hier soir l'Oscar du meilleur acteur. L'histoire de ce film illustre l'instrumentalisation de l'ignorance et du mysticisme par l'industrie pétrolière dans l'Amérique du début du 20e siècle.
La Spiral Jetty baignant dans l'eau rouge du Lac Salé semble également préfigurer la situation politique actuelle autour de ce secteur. Benjamin Franklin avait écrit à Thomas Paine: "Si les hommes de religion sont si méchants, que seraient-ils sans?" Or, le cas de la Spiral Jetty est loin d'être un exemple isolé de la convoitise de l'industrie énergétique à l'égard de sites naturels, dont certains servent d'écrin à des œuvres majeures du Land/Earth Art. Sensible aux arguments financiers, l'actuel gouvernement fédéral facilite la tâche aux industriels (voir message du 6 fév.).


En 2002, l'administration Bush a décidé d'enfouir l'essentiel des déchets nucléaires du pays dans le Nevada. Le site de Yucca Mountain a été retenu par le ministère de l’énergie (Department of Energy). L'année dernière, le DOE a annoncé qu'il envisageait une capacité de stockage de 135000 tonnes. Yucca Mountain est situé à environ 160 km au sud-ouest de City, l'œuvre monumentale de Michael Heizer entreprise en 1972 et en passe d'être achevée. L'acheminement de ces déchets à risques nécessiterait la construction d’une nouvelle voie ferrée pour relier Caliente, une centaine de kilomètres au sud-est de City, à Yucca Mountain. Or, plutôt que de traverser plus directement les zones militaires de l'Air Force, le Caliente Rail Corridor les contourneraient par le nord en longeant la propriété de Heizer, à portée de vue et d’oreille de la sculpture. L’artiste a menacé de faire sauter City si ce tracé était maintenu (Las Vegas Mercury, 11 mars 2004). Malgré l’opposition farouche de la population locale, qui a déjà subi les retombées de la centaine d’essais nucléaires atmosphériques d'après-guerre, le DOE fait la sourde oreille. Appuyée notamment par la fondation DIA, une ligne alternative baptisée Mina Rail Corridor passant par l’ouest de l’état a été mise à l’étude. Faute de budget fédéral, l'affaire reste en suspens. Le Yucca Mountain Repository ne devrait pas être opérationnel avant une douzaine d'années. Voir The New York Times Magazine, 6 fév.2005 et Double Negative, le site consacré à l'artiste réalisé par Nick Tarasen.

Les
Sun Tunnels (1972-76) de Nancy Holt, situés dans le Great Basin Desert à l'ouest du Lac Salé, près de la localité de Lucin, ont à deux reprises été eux aussi menacés par la mise en vente par BLM Utah, qui dépend directement du gouvernement fédéral, de concessions gazières et pétrolières à proximité immédiate. En mai dernier, parmi les 31 parcelles proposées par le Bureau of Land Management (US Department of the Interior), le plus grand propriétaire terrien de l'Utah avec 42% de sa surface, 27 ont été achetées aux enchères par les industriels, à partir de 5 dollars l'hectare. Par chance, le lot de 518 hectares adjacent à la propriété de l'artiste n'a pas trouvé preneur (Deseret News, 23 mai 2007). Il s'agissait de la deuxième alerte pour Nancy Holt puisque son propre terrain avait été frauduleusement proposé à la vente sur eBay trois ans plus tôt. eBay refusant de retirer l'offre, le comté comme l'état ne faisant pas appliquer la loi, l'artiste avait dû engager un avocat à ses frais pour faire valoir ses droits (Deseret News, 11 fév.2004).


La transcription inédite d'un entretien de 1973 vient de paraître dans le magazine Artforum ce mois-ci ("Out of the Past," 236-49). Il s'agit d'une conversation menée par Lucy Lippard avec Robert Smithson et Nancy Holt à propos de leur amie commune, Eva Hesse. Chacun confie ses souvenirs, sa perception de la personnalité et du travail de cette artiste new-yorkaise décédée trois ans plus tôt à l'âge de 34 ans. Six semaines avant de disparaitre à son tour, Smithson y explique: "Je suis entré dans une sorte de psychanalyse des perceptions du paysage..." Cette réflexion aborde un aspect encore peu exploré de l'écocritique, celui du paysage psychopathologique ou psychothérapeutique. Dans cette optique, que dire du paysage industriel proposé pour Rozel Point et la Spiral Jetty? L'exploitation forcenée des entrailles de la terre(-mère) nous mène manifestement sur un terrain qui relève autant de la psychiatrie que de la simple logique comptable.

"Le rat de politique mord toujours dans le fromage de l'art. Le piège est tendu. S'il y a un péché originel, alors la politique doit y être mêlée. Un engagement politique direct revient à essayer d'extraire le poison d'une marmite bouillante. [...] C'est un puits sans fond où on ne cesse de tomber, pris par une espèce de force centrifuge politique qui éclabousse du sang de ses atrocités ceux qui œuvrent pour la paix."
R. Smithson, "Art and the Political Whirlpool or the Politics of Disgust" (Artforum, sep.1970)

vendredi 22 février 2008

Spiral Jetty dans la presse US cette semaine

La campagne pour sauver la Spiral Jetty et son environnement continue de faire écho dans la presse locale et nationale. Après deux nouveaux éditoriaux dans Deseret News et le New York Times depuis dimanche, un deuxième éditorial paru il y a 3 jours et un article sorti ce matin donnent aux lecteurs du Salt Lake Tribune des précisions concernant l'affaire (voir les liens ci-contre).

Ce dernier article de Patty Henetz confirme que plus de 3500 lettres et e-mails d'opposants du monde entier sont parvenus à la commission actuellement en train d'examiner la demande de permis de forer présentée par la compagnie canadienne Pearl Montana. Au soutien de plusieurs organisations (Western Resource Advocates, Sierra Club's Utah chapter, Friends of Great Salt Lake, Great Salt Lake Audubon, National Trust for Historic Preservation) s'est ajouté celui du Utah Department of Community and Culture, un organe du gouvernement de l'état. Le DCC plaide à présent la cause des opposants au forage auprès du Department of Natural Resources qui rendra sa décision d'ici fin mars (voir le communiqué de presse de la Division of Oil, Gas & Mining du 20 fév.).

Un article d'Elizabeth Cook-Romero paru dans Pasatiempo (22-28 fév.), un hebdomadaire culturel édité par The Santa Fe New Mexican, explique en détails l'affaire sur deux pages illustrées avec, entre autres, des commentaires de Nancy Holt et Lynn de Freitas (FOGSL). On attend un prochain article du New York Times, plus complet que le précédents, signé Carol Vogel et/ou Kirk Johnson. En revanche, on ne trouve guère trace de la Spiral Jetty dans la presse française, manifestement plus fascinée par le "cyclone immobile" présidentiel (voir la couverture de Beaux Arts magazine, Fév.2008).

samedi 16 février 2008

Pré-bilan de la campagne pour la Spiral Jetty


© Spiral Jetty hier soir, 15 fév.2008, par Matthew Coolidge, CLUI (all rights reserved)

La date limite de réception des commentaires formulés auprès du Governor's Public Lands Policy Coordination Office a été officieusement reportée de 2 jours, soit jusqu'à vendredi 15 février à 17h, heure locale, à cause d'une erreur qui s'était glissée dans l'article du Salt lake Tribune. Hier à 13h40, Jonathan Jemming comptait 3400 commentaires (e-mails, lettres et appels). Selon lui, les réactions sont arrivées "de Paris, d'Allemagne, de Nouvelle Zélande, d'Australie, du Museum of Modern Art de New York et 'du monde entier'." (Deseret News, 14 fév.).

Comme on le voit sur le photo de Matt, le niveau actuel du Grand Lac Salé est tombé à un peu moins de 4195 pieds d'altitude. Le niveau optimal pour la sculpture, celui du printemps 1970, est de 4196 pieds au-dessus du niveau de la mer (env.1279 m). A 4197, seules les pierres les plus hautes affleurent. Au-delà de 4198 pieds, la Spiral Jetty devient difficile à distinguer. Alors, avant d'envisager le voyage, mieux vaut visiter cette page de l'USGS qui indique en temps réel l'altitude du bras nord du GLS. C'est aussi parce qu'elle reste parfois immergée durant des années pour resurgir ensuite enveloppée de cristaux de sel que cette sculpture fascine. Rozel Point est la plupart du temps accessible en simple berline. Départ de la piste: le visitor center du Golden Spike, lui aussi à voir du 1er mai au 1er lundi de sep. (Labor Day), lorsque les locomotives Jupiter et No.119 sont en fonctionnement.

mercredi 13 février 2008

Nancy Holt s'exprime ce soir sur CBC Radio One

Ce soir, mercredi 13 février, dernier jour pour s'exprimer sur la demande de forage de la compagnie canadienne Pearl Montana, Nancy Holt parlera en direct sur CBC Radio One, la principale station de radio publique du Canada. Elle sera interrogée par Jian Ghomeshi dans "Q", une émission consacrée à l'actualité de l'art et de la culture. Horaire de diffusion: entre 20h00 et 21h30, heure de Paris (2:00-3:30 p.m. à Ottawa / GMT-5).

Connectez-vous sur le site:
http://www.cbc.ca/radio/ (CBC Radio One: listen live)
Vous pourrez ensuite écouter le podcast mp3 de l'émission (de 30'50'' à 43'10"):
>>>
http://podcast.cbc.ca/mp3/qpodcast_20080213_4709.mp3

13 février: date limite pour sauver la Spiral Jetty