Le blog fait une exception à sa ligne éditoriale pour évoquer la mort de Jeanne-Claude, avant-hier à New York, des suites d'une rupture d'anévrisme.Jeanne-Claude Denat de Guillebon était née à Casablanca le 13 juin 1935, précisément le même jour que Christo Javacheff, son alter-ego, né à Gabrovo en Bulgarie. Christo & Jeanne-Claude ne prenait jamais l'avion ensemble de crainte de ne pouvoir mener à terme les projets en cours. Il nous reste donc un espoir de voir un jour la toile de Over the River flotter au-dessus de la rivière Arkansas dans le Colorado et le Mastaba de 410000 barils dominer les dunes des Emirats, des projets qui remontent respectivement à 1992 et 1977.
Ci-contre, Rifle Gap dans le Colorado il y a 10 ans, le site de Valley Curtain (1972) sans son rideau flamboyant qui semblait pasticher les toiles luministes d'Albert Bierstadt glorifiant la conquête de l'Ouest au milieu de 19e siècle (voir Ecrire la Fontière pp.104-5). Cette première œuvre monumentale américaine a propulsé la carrière de Christo & Jeanne-Claude, entraînant Running Fence (1976) ou, beaucoup plus récemment, The Gates (2005). Ces projets éphémères, entièrement autofinancés par la vente des dessins et collages préparatoires, nécessitent une logistique hors du commun. Cette dernière installation dans les allées de Central Park a valu aux Christo en 2006 le prix pour la meilleure œuvre publique de l'AICA/USA, la branche américaine de l'Association Internationanle des Critiques d'Arts basée à Paris. L'année suivante, c'est Floating Island to Travel Around Manhattan Island (1970) de Robert Smithson, réalisée en septembre 2005 par Nancy Holt et Minetta Brook pour le Whitney Museum, qui a obtenu cette récompense.
Comme le laisse entendre le titre de l'article de William Grimes dans le New York Times, cette disparition intervient sur fond d'échéance écologique. Christo & Jeanne-Claude recyclaient tous leurs matériaux et n'ont jamais endommagé les sites de leurs installations. Contrairement à une idée reçue, tous les gens impliqués dans la fabrication comme dans le déploiement de leurs œuvres ont été rémunérés au-dessus du tarif légal du pays. Une éthique dont beaucoup feraient bien de s'inspirer. Comme la beauté des îles de la baie de Biscayne à Miami qu'elle avait eu l'idée d'habiller de rose (Surrounded Islands, 1983,photo: Wolfgang Volz), la fraîcheur du regard de Jeanne-Claude nous manque déjà.
Un article de Randy Kennedy vient de sortir dans le New York Times au sujet de la conservation de la Spiral Jetty. Propriétaire de l’œuvre, la fondation Dia observe sa dégradation occasionnée par les nombreux visiteurs depuis son émergence il y a quelques années. Certains ne peuvent s’empêcher de prélever des pierres pour réaliser leurs propres petites jetées à proximité. D’autres les emportent en souvenir.
Francesca Esmay, chargée de la conservation des œuvres à la fondation Dia, s’est tournée vers le J. Paul Getty Trust. Rand Eppich, directeur de projets àl'Institut de Conservation Getty, qui participe à la conservation du patrimoine artistique et culturel à travers le monde, a été chargé d'examiner des solutions pour documenter l’état de la sculpture d’année en année. Cette documentation devrait aider à la prise de décision pour d’éventuelles futures restaurations. Or, les dimensions même de la Spiral Jetty demandent une logistique particulière, notamment pour la photographier.
Concernant les vues aériennes, tous les moyens de transport on été envisagés, du satellite au cerf-volant, en passant par l’avion et l’hélicoptère. Habitué à jongler avec des budgets faits de "bouts de ficelle", l’institut a adopté une solution économique "à la MacGyver": un ballon météo jetable en latex à 50 dollars commandé sur Internet, gonflé à l’hélium et attaché à du fil de pêche [similaire au rover de la série Le Prisonnier]. Eppich a armé son aérostat d’un simple appareil compact Canon PowerShot G9 [avec retardateur à prise de vue en continu] posé sur une mini nacelle en contreplaqué et pièces de métal, le tout fixé par des attaches en plastique. Eppich préfère évoquer une solution "peu onéreuse" plutôt que "bon-marché". En mai dernier, Eppich , son assistante Aurora Tang et Francesca Esmay se sont rendus sur place. Après quelques essais et deux ballons éclatés, mais sans dommage pour l’appareil, ils ont réalisé "des clichés à la fois spectaculaires et extrêmement utiles" depuis une altitude comprise entre 250 et 500 mètres (voir les liens vers le site du Getty en bas de post).
Chargée de la conservation des œuvres de Dia depuis trois ans, Francesca Esmay s’occupe aussi bien d’œuvres monumentales in situ comme le Lightning Field de Walter de Maria dans le Nouveau Mexique que des sculptures de Donald Judd, Dan Flavin ou Louise Bourgeois au musée Dia:Beacon près de New York. Ce ballon lui permettra désormais de répéter facilement l’opération chaque année sans la moindre assistance. L’article évoque ensuite les menaces industrielles qui ont plané ces deux dernières années sur la Spiral Jetty: l’extension des bassins d’évaporation à potasse, un engrais chimique, et des forages pétroliers à portée de vue de la sculpture (voir précédents posts). Le scandale avait poussé les autorités de l’Utah à promettre une zone tampon autour de l’œuvre afin de proscrire toute nuisance.
Parallèlement aux risques industriels, la vase s’installe entre les spires de la sculpture. Ce phénomène est d’autant plus visible que le niveau du lac est exceptionnellement bas depuis deux ans, laissant la sculpture totalement hors de l’eau. Ce processus d’envasement étant naturel, Francesca Esmay s’interroge sur l’opportunité d’intervenir sur l’œuvre. Elle pense que celle-ci pourrait peut-être se désenvaser naturellement dans les années qui viennent. Smithson avait d’ailleurs écrit en 1972: "La nature n’avance pas en ligne droite, son évolution étant protéiforme. La nature ne connaît pas d'état définitif." ["Cultural Confinement", contribution au catalogue de la Documenta 5 rééditée dans Jack Flam (ed.), Robert Smithson: The Collected Writings (University of California Press, 1996), p. 155].
Ce travail de l'artiste français Cyprien Gaillard illustre la nouvelle effervescence autour du Land Art, qui entre à présent dans la catégorie plus large de l'art environnemental.
Dans ce cadre, Nancy Holt interviendra le mardi 27 octobre dans les locaux de SITE Santa Fe, un centre artistique à but non lucratif (1606 Paseo de Peralta). Pionnière du Land Art et de la sculpture publique, l'artiste évoquera ses excursions avec Robert Smithson et d'autres artistes (Donald Judd, Carl Andre, Michael Heizer, Robert Morris, Robert Rauschenberg, etc.) entre 1966 et 1969. Le film Mono Lake, tourné par Holt, Smithson et Heizer en 1968, sera projeté ainsi que de rares séries de photos de Nancy Holt, notamment Graveyard Series (Lone Pine, CA/Virginia City, NV, 1968), Trail Markers (Dartmoor, Angleterre, 1969); Concrete Visions (1967) et Over the Hill (1968).
Une bonne occasion pour interroger l'artiste à propos des projets industriels qui menacent des sculptures emblématiques réalisées il y a 30 ou 40 ans.
La Great Salt Lake Minerals Corporation sollicite actuellement une extension de son activité dans le bras nord du Grand Lac Salé. Concrètement, la compagnie voudrait étendre ses bassins d'évaporation sur près de 37000 hectares. Ce qui signifie plus de pompes, de digues, de tranchées, de canaux, d'engins, etc. afin de récolter encore et toujours plus de sulfate de potassium et de magnésium, des engrais chimiques causant par ailleurs d'autres problèmes environnementaux.
En attendant, la firme soigne son image et tente d'assurer son soutien en faisant, par exemple, un don de 25000 dollars à Westminster College, un établissement supérieur de Salt Lake City dont une enseignante fait partie du conseil consultatif pour le Grand Lac Salé (voir The Salt Lake Tribune, 3 juillet 2009et le message du 28 août 2008).
Dans cette zone à l'équilibre fragile, ce nouveau projet d'industrialisation pose plusieurs problèmes. Non seulement il perturberait la vie des espèces d'oiseaux endémiques et migrateurs qui l'habitent, mais il compromettrait définitivement la jouissance et la tranquillité d'un environnement préservé pour tous les visiteurs de cette partie du lac.
Comme si ça ne suffisait pas, GSL Minerals compte également solliciter un droit de prélèvement supplémentaire de plus de 430 millions de mètres-cubes d'eau sur Gunnison Bay. Ajoutés aux 185 millions de m³ déjà accordés sur Bear River Bay, le maintien du niveau moyen du Grand Lac Salé serait compromis. Un modèle développé par la Division of Water Ressources montre en effet que pour 123 millions de m³ prélevés, le niveau du lac diminue en moyenne de 20 à 30 cm. A terme, les deux zones de prélèvement finiront par se "pétrifier" sous la pression de l'inévitable accroissement de la production.
"Je trouve déplorable que la division [des ressources naturelles] de l'état, [...] à qui on a confié la responsabilité d'un bien public, [considère ce projet] comme rationnel et réalisable. De mon point de vue, c'est une aberration." Lynn de Freitas (Friends of the Great Salt Lake), Salt Lake Tribune, 4 Juillet 2009
Située sur ce même bras nord du Grand Lac Salé, la Spiral Jetty ne serait plus entourée de l'eau rouge pour laquelle Smithson a choisi le site et elle ne vivrait plus les cycles d'émersion-submersion qu'on lui connait depuis sa création. Cette menace s'ajoute à celle d'un forage pétrolier qui n'attend, lui aussi, qu'une hausse des cours mondiaux pour trouver un nouvel élan économique.
L'U.S. Army Corps of Engineers a été chargé de rendre son avis sur le projet d'extension de la GSL Minerals. On peut naturellement faire confiance à l'armée en termes d'environnement et d'éthique... Donc, même urgence et même démarche que pour le précédent projet de forage: vous pouvez adresser vos commentaires en vous inspirant, par exemple, de la lettre postée hier par la fondation Dia (pdf). Ou plus simplement, vous pouvez copier-coller ce modèle (html/doc/pdf) dans un message à envoyer avant le 9 juillet minuit heure locale (soit le 10 juillet 8h heure de Paris) à Jason Gipson (jason.a.gipson@usace.army.mil), en charge du dossier au Nevada-Utah Regulatory Office. D'avance, merci encore de votre soutien. A suivre...
>> John Keahey, "Mineral Firm Seeks to Double Footprint", The Salt Lake Tribune (4 Juillet 2009)
Cette semaine, Tyler Green a décidé de consacrer une série de messages à l'avenir de la Spiral Jetty, "la plus grande et la plus importante œuvre tellurique du monde potentiellement menacée par une boite qui voulait se faire trois sous".
Pour ceux qui ne pratiquent pas l'anglais, voici un lien permettant d'accéder directement à une traduction automatique (donc très approximative, mais bon...): L'avenir de Spiral Jetty. Bonne lecture!
Dans son documentaire en 3 volets de 48 minutes, The Sculpture Diaries, Waldemar Januszczak explique les raisons pour lesquelles il considère la sculpture comme un art majeur. La première partie de la série se penche sur la représentation du corps féminin, la deuxième sur celle du pouvoir, et enfin la troisième, celle qui nous intéresse, est consacrée à la représentation du cosmos. Elle a été diffusée dimanche 14 septembre à 19h sur Channel 4. On peut y voir de magnifiques images de la Spiral Jetty tournées à l'automne 2007 avec un niveau du Lac optimal. Januszczak s'attarde aussi sur le site des Sun Tunnels de Nancy Holt au lever du soleil (ci-dessous), puis en compagnie de James Turrell à Roden Crater (ci-contre). Bien qu'on puisse, au premier abord, être agacé par l'accent du critique ou sa fâcheuse tendance à se mettre en scène, ses commentaires sont très pertinents. Il va à l'essentiel et on ne s'ennuie pas une seconde. Ce qui ne se voit pas forcément à l'écran, c'est qu'il a longuement interrogé les artistes et s'est sérieusement documenté avant de livrer son point de vue. Januszczak évite au moins l'écueil habituel du discours creux et du phrasé évaporé ou sentencieux à la France Culture ou à la Godard. Une citation amusante pour la route:
Une des choses je j'apprécie le plus dans le Land Art, c'est qu'il traite toujours de grands sujets comme le cosmos, le solstice d'été, le soleil, les étoiles–de grandes idées. L'art moderne fait tellement dans les idées bon marché. Et on y parle de cinéma, de célébrité, de ce qui passe à la télé, de ce que ça fait de faire ses courses... Ce sont des idées intéressantes, pertinentes, mais des idées au rabais, de petites idées. Impossible de faire du Land Art à propos de célébrités, de télé ou du fait de faire ses courses! –W.J.
Jon Huntsman Jr., Gouverneur de l'Utah (voir mess. du 15 avril), a décrété lundi la création d'un conseil consultatif chargé de déterminer les meilleures options pour l'avenir du Grand Lac Salé. Ce comité doit débuter ses travaux dès septembre pour donner ses premières orientations d'ici décembre. Le Great Salt Lake Advisory Council sera composé de 12 membres, des personnalités locales issues de divers horizons (affaires, défense de l'environnement, état et collectivités, recherche, etc.):
Dan R. Eastman, sénateur républicain de Bountiful, qui présidera Ben C. Ferry, député républicain de Corinne Lynn de Freitas, directrice de Friends of the Great Salt Lake Dave Livermore, directeur de The Nature Conservancy in Utah Bill Fenimore, directeur du Wild Bird Center de Layton Neka F. Roundy, maire de Kaysville, responsable du tourisme au comté de Davis Wilf Sommerkorn, directeur de l'urbanisme de Salt Lake City Colleen Johnson, commissaire du comté de Tooele Leland Myers, directeur général du réseau d'assainissement de Davis Bonnie Baxter, professeur de biologie à Westminster College Don Leonard, président de la Coopérative Crevettière du Grand Lac Salé Corey Milne, directeur d'exploitation à la Great Salt Lake Minerals Corp.
Pour résumer, principal objectif du conseil: trouver en 3 mois une utilité au Lac Salé.Comme s'il fallait que la nature justifie son existence en termes de rentabilité. Etrange phénomène que ces 12 créatures terrestres s'interrogeant sur l'utilité même du milieu qui les a engendrées... >> Décret du Gouverneur Huntsman (Utah State Bulletin, Sep.1, 2008, Vol. 2008, No.17, p.1:html/pdf) /Deseret News (26 août 2008) / Photographies du Lac et de la Spiral Jetty sur Great Salt Lake Photos LLC.
La compagnie canadienne Pearl Montana Exploration & Production, LTD n'ayant pas apporté une réponse satisfaisante à la demande d'un complément d'information concernant son projet de forage exploratoire au large de la Spiral Jetty (voir message du 21 avril), le Département des Ressources Naturelles de l'Utah a rejeté sa candidature: lettre du 7 août 2008 (pdf).
L'Utah prépare à présent une étude technique visant à établir une zone tampon autour de la sculpture. Il est prévu que l'état reprenne contact avec la fondation Dia début septembre afin de mettre en place un calendrier des discussions.
Merci donc à tous ceux qui ont contribué par leurs messages, leurs appels, leurs blogs ou leurs articles, à ébruiter l'affaire puis à faire gonfler la bulle médiatique pour écarter, au moins pour un temps, la menace. Malheureusement, ce projet de zone tampon n'exclut pas a priori d'autres forages ou implantations industrielles dans le bras nord du Grand Lac Salé (voir message du 7 fév.): à suivre...
Aujourd'hui, dans une article intitulé "A Textbook Example of Ranking Artworks", le New York Times explique qu'un économiste de l'Université de Chicago, David Galenson (ci-dessus), s'est penché sur les statistiques des œuvres d'arts du siècle dernier afin d'établir un classement. Il a donc simplement compté le nombre de fois où ces œuvres apparaissent parmi 33 ouvrages de référence parus entre 1990 et 2005. Méthodologie simpliste, mais qu'il estime pertinente parce qu'elle reflète l'importance des œuvres. Autrement dit, on a les reproductions qu'on mérite. Arrivent en tête Les Demoiselles d'Avignon (1907) de Pablo Picasso avec 28 reproductions, à la deuxième place le Monument à la 3ème Internationale (1919-1920) de Tatline avec 25, et en troisième la Spiral Jetty de Robert Smithson (1970) avec 22! Pour la suite du classement, voir le NY Times. Ceux qui sous-estimeraient, précisément au nom de l'économie, la valeur de la Spiral Jetty n'ont qu'à bien se tenir.
Sinon, rien de nouveau du côté du forage de la Pearl Montana. L'entreprise canadienne avait jusqu'à la mi-juillet pour répondre aux questions de la commission... Quant aux discussions avec l'Utah au sujet de la fameuse "zone tampon" autour de la Jetée, elles reprendront certainement en septembre, sous la nouvelle présidence de Dia (voir le précédent message).
Ce message visait en partie à répondre à un certain Marc de V., qui trouvait que je m'étais un peu endormi sur ce blog...
Un nouveau jour se lève sur la Dia Art Foundation, dépositaire de la Spiral Jetty. Le 29 février dernier, nous annoncions la démission de Jeffrey Weiss, son directeur depuis neuf mois. Dia a dévoilé ce lundi l'identité de son successeur, Philippe Vergne, un Français de 42 ans originaire de Troyes: Champagne pour tout le monde! Vergne possède une longue expérience de conservateur. Il a été directeur du Musée d'Art Contemporain de Marseille de 1994 à 1997. C'est d'ailleurs au MAC, en 1994, que s'est tenue la grande rétrospective Robert Smithson: le paysage entropique 1960-1973. En 1997, il est devenu conservateur, puis conservateur en chef auWalker Art Center de Minneapolis. A l'automne 2004, il avait été nommé directeur de la Fondation François Pinault. Mais l'année suivante, lorsque Pinault a abandonné le projet de Boulogne et décidé de s'implanter à Venise, Vergne a démissionné pour retourner au WAC comme directeur adjoint. Il a notamment réalisé l’exposition itinérante “Let’s Entertain: Life's Guilty Pleasures”, présentée en 2000 au Centre Pompidou sous le titre “Au-delà du spectacle”. Vergne était l'un des commissaires invités pour “La force de l’art” au Grand Palais en 2006. Il a également co-organisé en 2006, avec Chrissie Iles, la Biennale du Whitney Museum, "Day for Night". Il publie régulièrement dans Artforum et Parkett.
Philippe Vergne déclare avoir toujours été "un grand fan de Dia" et se dit prêt à "écrire un nouveau chapitre" de son "incroyable histoire", "loin du modèle du musée traditionnel". Son premier objectif consiste à trouver un nouveau lieu d'exposition permanente à Manhattan. En 2003, la fondation a inauguré Dia:Beacon, un immense musée situé dans la vallée de l'Hudson, à une centaine de kilomètres au nord de New York City, dans une ancienne usine d'emballages de Nabisco. Vergne compte y renforcer la programmation avec des expositions exceptionnelles et une mise en valeur de la collection essentiellement axée sur les années 1960-1970. En janvier 2004, Dia a vendu ses locaux du quartier de Chelsea et, depuis, cherche à acquérir un autre lieu au cœur de New York.
Une autre tâche attend le nouveau directeur, qui devrait prendre ses fonctions mi-septembre: préserver le patrimoine d'œuvres in situ de la fondation. Sont en effet menacés la Spiral Jetty, par des forages pétroliers, le Lightning Field de Walter de Maria, par des promoteurs immobiliers, et City de Michael Heizer, par un projet fédéral de voie ferrée pour l'acheminement de déchets nucléaires. Or, en matière de préservation de l'environnement et du patrimoine culturel, les états et Washington légifèrent à hu et à... dia (voir message du 26 fév.).