La Great Salt Lake Minerals Corporation sollicite actuellement une extension de son activité dans le bras nord du Grand Lac Salé. Concrètement, la compagnie voudrait étendre ses bassins d'évaporation sur près de 37000 hectares. Ce qui signifie plus de pompes, de digues, de tranchées, de canaux, d'engins, etc. afin de récolter encore et toujours plus de sulfate de potassium et de magnésium, des engrais chimiques causant par ailleurs d'autres problèmes environnementaux.
En attendant, la firme soigne son image et tente d'assurer son soutien en faisant, par exemple, un don de 25000 dollars à Westminster College, un établissement supérieur de Salt Lake City dont une enseignante fait partie du conseil consultatif pour le Grand Lac Salé (voir The Salt Lake Tribune, 3 juillet 2009et le message du 28 août 2008).
Dans cette zone à l'équilibre fragile, ce nouveau projet d'industrialisation pose plusieurs problèmes. Non seulement il perturberait la vie des espèces d'oiseaux endémiques et migrateurs qui l'habitent, mais il compromettrait définitivement la jouissance et la tranquillité d'un environnement préservé pour tous les visiteurs de cette partie du lac.
Comme si ça ne suffisait pas, GSL Minerals compte également solliciter un droit de prélèvement supplémentaire de plus de 430 millions de mètres-cubes d'eau sur Gunnison Bay. Ajoutés aux 185 millions de m³ déjà accordés sur Bear River Bay, le maintien du niveau moyen du Grand Lac Salé serait compromis. Un modèle développé par la Division of Water Ressources montre en effet que pour 123 millions de m³ prélevés, le niveau du lac diminue en moyenne de 20 à 30 cm. A terme, les deux zones de prélèvement finiront par se "pétrifier" sous la pression de l'inévitable accroissement de la production.
"Je trouve déplorable que la division [des ressources naturelles] de l'état, [...] à qui on a confié la responsabilité d'un bien public, [considère ce projet] comme rationnel et réalisable. De mon point de vue, c'est une aberration." Lynn de Freitas (Friends of the Great Salt Lake), Salt Lake Tribune, 4 Juillet 2009
Située sur ce même bras nord du Grand Lac Salé, la Spiral Jetty ne serait plus entourée de l'eau rouge pour laquelle Smithson a choisi le site et elle ne vivrait plus les cycles d'émersion-submersion qu'on lui connait depuis sa création. Cette menace s'ajoute à celle d'un forage pétrolier qui n'attend, lui aussi, qu'une hausse des cours mondiaux pour trouver un nouvel élan économique.
L'U.S. Army Corps of Engineers a été chargé de rendre son avis sur le projet d'extension de la GSL Minerals. On peut naturellement faire confiance à l'armée en termes d'environnement et d'éthique... Donc, même urgence et même démarche que pour le précédent projet de forage: vous pouvez adresser vos commentaires en vous inspirant, par exemple, de la lettre postée hier par la fondation Dia (pdf). Ou plus simplement, vous pouvez copier-coller ce modèle (html/doc/pdf) dans un message à envoyer avant le 9 juillet minuit heure locale (soit le 10 juillet 8h heure de Paris) à Jason Gipson (jason.a.gipson@usace.army.mil), en charge du dossier au Nevada-Utah Regulatory Office. D'avance, merci encore de votre soutien. A suivre...
>> John Keahey, "Mineral Firm Seeks to Double Footprint", The Salt Lake Tribune (4 Juillet 2009)
Cette semaine, Tyler Green a décidé de consacrer une série de messages à l'avenir de la Spiral Jetty, "la plus grande et la plus importante œuvre tellurique du monde potentiellement menacée par une boite qui voulait se faire trois sous".
Pour ceux qui ne pratiquent pas l'anglais, voici un lien permettant d'accéder directement à une traduction automatique (donc très approximative, mais bon...): L'avenir de Spiral Jetty. Bonne lecture!
Dans son documentaire en 3 volets de 48 minutes, The Sculpture Diaries, Waldemar Januszczak explique les raisons pour lesquelles il considère la sculpture comme un art majeur. La première partie de la série se penche sur la représentation du corps féminin, la deuxième sur celle du pouvoir, et enfin la troisième, celle qui nous intéresse, est consacrée à la représentation du cosmos. Elle a été diffusée dimanche 14 septembre à 19h sur Channel 4. On peut y voir de magnifiques images de la Spiral Jetty tournées à l'automne 2007 avec un niveau du Lac optimal. Januszczak s'attarde aussi sur le site des Sun Tunnels de Nancy Holt au lever du soleil (ci-dessous), puis en compagnie de James Turrell à Roden Crater (ci-contre). Bien qu'on puisse, au premier abord, être agacé par l'accent du critique ou sa fâcheuse tendance à se mettre en scène, ses commentaires sont très pertinents. Il va à l'essentiel et on ne s'ennuie pas une seconde. Ce qui ne se voit pas forcément à l'écran, c'est qu'il a longuement interrogé les artistes et s'est sérieusement documenté avant de livrer son point de vue. Januszczak évite au moins l'écueil habituel du discours creux et du phrasé évaporé ou sentencieux à la France Culture ou à la Godard. Une citation amusante pour la route:
Une des choses je j'apprécie le plus dans le Land Art, c'est qu'il traite toujours de grands sujets comme le cosmos, le solstice d'été, le soleil, les étoiles–de grandes idées. L'art moderne fait tellement dans les idées bon marché. Et on y parle de cinéma, de célébrité, de ce qui passe à la télé, de ce que ça fait de faire ses courses... Ce sont des idées intéressantes, pertinentes, mais des idées au rabais, de petites idées. Impossible de faire du Land Art à propos de célébrités, de télé ou du fait de faire ses courses! –W.J.
Jon Huntsman Jr., Gouverneur de l'Utah (voir mess. du 15 avril), a décrété lundi la création d'un conseil consultatif chargé de déterminer les meilleures options pour l'avenir du Grand Lac Salé. Ce comité doit débuter ses travaux dès septembre pour donner ses premières orientations d'ici décembre. Le Great Salt Lake Advisory Council sera composé de 12 membres, des personnalités locales issues de divers horizons (affaires, défense de l'environnement, état et collectivités, recherche, etc.):
Dan R. Eastman, sénateur républicain de Bountiful, qui présidera Ben C. Ferry, député républicain de Corinne Lynn de Freitas, directrice de Friends of the Great Salt Lake Dave Livermore, directeur de The Nature Conservancy in Utah Bill Fenimore, directeur du Wild Bird Center de Layton Neka F. Roundy, maire de Kaysville, responsable du tourisme au comté de Davis Wilf Sommerkorn, directeur de l'urbanisme de Salt Lake City Colleen Johnson, commissaire du comté de Tooele Leland Myers, directeur général du réseau d'assainissement de Davis Bonnie Baxter, professeur de biologie à Westminster College Don Leonard, président de la Coopérative Crevettière du Grand Lac Salé Corey Milne, directeur d'exploitation à la Great Salt Lake Minerals Corp.
Pour résumer, principal objectif du conseil: trouver en 3 mois une utilité au Lac Salé.Comme s'il fallait que la nature justifie son existence en termes de rentabilité. Etrange phénomène que ces 12 créatures terrestres s'interrogeant sur l'utilité même du milieu qui les a engendrées... >> Décret du Gouverneur Huntsman (Utah State Bulletin, Sep.1, 2008, Vol. 2008, No.17, p.1:html/pdf) /Deseret News (26 août 2008) / Photographies du Lac et de la Spiral Jetty sur Great Salt Lake Photos LLC.
La compagnie canadienne Pearl Montana Exploration & Production, LTD n'ayant pas apporté une réponse satisfaisante à la demande d'un complément d'information concernant son projet de forage exploratoire au large de la Spiral Jetty (voir message du 21 avril), le Département des Ressources Naturelles de l'Utah a rejeté sa candidature: lettre du 7 août 2008 (pdf).
L'Utah prépare à présent une étude technique visant à établir une zone tampon autour de la sculpture. Il est prévu que l'état reprenne contact avec la fondation Dia début septembre afin de mettre en place un calendrier des discussions.
Merci donc à tous ceux qui ont contribué par leurs messages, leurs appels, leurs blogs ou leurs articles, à ébruiter l'affaire puis à faire gonfler la bulle médiatique pour écarter, au moins pour un temps, la menace. Malheureusement, ce projet de zone tampon n'exclut pas a priori d'autres forages ou implantations industrielles dans le bras nord du Grand Lac Salé (voir message du 7 fév.): à suivre...
Aujourd'hui, dans une article intitulé "A Textbook Example of Ranking Artworks", le New York Times explique qu'un économiste de l'Université de Chicago, David Galenson (ci-dessus), s'est penché sur les statistiques des œuvres d'arts du siècle dernier afin d'établir un classement. Il a donc simplement compté le nombre de fois où ces œuvres apparaissent parmi 33 ouvrages de référence parus entre 1990 et 2005. Méthodologie simpliste, mais qu'il estime pertinente parce qu'elle reflète l'importance des œuvres. Autrement dit, on a les reproductions qu'on mérite. Arrivent en tête Les Demoiselles d'Avignon (1907) de Pablo Picasso avec 28 reproductions, à la deuxième place le Monument à la 3ème Internationale (1919-1920) de Tatline avec 25, et en troisième la Spiral Jetty de Robert Smithson (1970) avec 22! Pour la suite du classement, voir le NY Times. Ceux qui sous-estimeraient, précisément au nom de l'économie, la valeur de la Spiral Jetty n'ont qu'à bien se tenir.
Sinon, rien de nouveau du côté du forage de la Pearl Montana. L'entreprise canadienne avait jusqu'à la mi-juillet pour répondre aux questions de la commission... Quant aux discussions avec l'Utah au sujet de la fameuse "zone tampon" autour de la Jetée, elles reprendront certainement en septembre, sous la nouvelle présidence de Dia (voir le précédent message).
Ce message visait en partie à répondre à un certain Marc de V., qui trouvait que je m'étais un peu endormi sur ce blog...
Un nouveau jour se lève sur la Dia Art Foundation, dépositaire de la Spiral Jetty. Le 29 février dernier, nous annoncions la démission de Jeffrey Weiss, son directeur depuis neuf mois. Dia a dévoilé ce lundi l'identité de son successeur, Philippe Vergne, un Français de 42 ans originaire de Troyes: Champagne pour tout le monde! Vergne possède une longue expérience de conservateur. Il a été directeur du Musée d'Art Contemporain de Marseille de 1994 à 1997. C'est d'ailleurs au MAC, en 1994, que s'est tenue la grande rétrospective Robert Smithson: le paysage entropique 1960-1973. En 1997, il est devenu conservateur, puis conservateur en chef auWalker Art Center de Minneapolis. A l'automne 2004, il avait été nommé directeur de la Fondation François Pinault. Mais l'année suivante, lorsque Pinault a abandonné le projet de Boulogne et décidé de s'implanter à Venise, Vergne a démissionné pour retourner au WAC comme directeur adjoint. Il a notamment réalisé l’exposition itinérante “Let’s Entertain: Life's Guilty Pleasures”, présentée en 2000 au Centre Pompidou sous le titre “Au-delà du spectacle”. Vergne était l'un des commissaires invités pour “La force de l’art” au Grand Palais en 2006. Il a également co-organisé en 2006, avec Chrissie Iles, la Biennale du Whitney Museum, "Day for Night". Il publie régulièrement dans Artforum et Parkett.
Philippe Vergne déclare avoir toujours été "un grand fan de Dia" et se dit prêt à "écrire un nouveau chapitre" de son "incroyable histoire", "loin du modèle du musée traditionnel". Son premier objectif consiste à trouver un nouveau lieu d'exposition permanente à Manhattan. En 2003, la fondation a inauguré Dia:Beacon, un immense musée situé dans la vallée de l'Hudson, à une centaine de kilomètres au nord de New York City, dans une ancienne usine d'emballages de Nabisco. Vergne compte y renforcer la programmation avec des expositions exceptionnelles et une mise en valeur de la collection essentiellement axée sur les années 1960-1970. En janvier 2004, Dia a vendu ses locaux du quartier de Chelsea et, depuis, cherche à acquérir un autre lieu au cœur de New York.
Une autre tâche attend le nouveau directeur, qui devrait prendre ses fonctions mi-septembre: préserver le patrimoine d'œuvres in situ de la fondation. Sont en effet menacés la Spiral Jetty, par des forages pétroliers, le Lightning Field de Walter de Maria, par des promoteurs immobiliers, et City de Michael Heizer, par un projet fédéral de voie ferrée pour l'acheminement de déchets nucléaires. Or, en matière de préservation de l'environnement et du patrimoine culturel, les états et Washington légifèrent à hu et à... dia (voir message du 26 fév.).
"Around mid-August it was beginning to surface and the entire Jetty looked like a kind of archipelago of white islands because of heavy salt concentration. Two weeks later ... the Jetty was almost entirely surfaced and ... encrusted with salt crystals."—R. Smithson, 1971 (Writings, 259)
Pour ceux qui n'auraient pas encore eu l'occasion de voir le film de Robert Smithson, Spiral Jetty (1970), il sera projeté en boucle dans deux expositions en France:
Du 7 mai au 11 août 2008 "Traces du sacré" au Centre Pompidou Deux toiles de Smithson sont également exposées, Green Chimera with Stigmata et Jesus Mocked (1961), qui font partie de la collection George Lester.
Du 29 juin 2008 au 7 janvier 2009 "Du jardin au Cosmos" à l'Espace de l'Art Concret Château de Mouans, 06370 Mouans-Sartoux (près de Grasse) Vernissage le 29 juin à partir de 11h. Tél. 04 93 75 71 50
Si vous ne pouvez vous y rendre, Spiral Jetty s'achète ou se loue dans différents formats, mais uniquement auprès de deux organisations basées à New York, Electronic Arts Intermix (EAI) et The Film-Makers' Cooperative. Dans ce film de 35 minutes, Smithson documente la réalisation et la signification de la sculpture.
From the center of the Spiral Jetty
North — Mud, salt crystals, rocks, water North by East — Mud, salt crystals, rocks, water Northeast by North — Mud, salt crystals, rocks, water Northeast by East — Mud, salt crystals, rocks, water...
Toujours pas d'évolution dans le dossier Spiral Jetty contre Oilzilla. Et comme on dit, pas de nouvelles, pas de nouvelles... Art in America fait brièvement le point ce mois-ci. Un article est également sorti dans le magazine français Terra Economica (pdf). Il résume la situation mais on n'y apprend rien de neuf. Merci à Marc pour l'info et bon concert.
Demain à 19h30 en effet, dans le cadre de la Monumenta 2008 consacrée à Richard Serra, aura lieu un concert exceptionnel de Philip Glass au Grand Palais. Le compositeur est un ami du sculpteur depuis plus de 40 ans. Ils se sont d'ailleurs rencontrésen 1965 à Paris, où ils couraient après Giacometti (voir article du Nouvel Obs, 19 juillet 2007). Les notes envoûtantes de sa "musique aux structures répétitives" (Etudes and other works for Solo Piano) vont résonner entre les plaques d'acier géantes, également répétitives, de l'œuvre de Serra, Promenade, quasi invisible sous certains angles et vertigineuse sous d'autres. Sculpture d'air contre sculpture de métal. Serra a su tirer parti de l'immense espace de cette verrière dans un jeu magistral de formes, de matières, de perspective, de lumière, d'équilibre, d'échelle... Serra explique: "Je m'intéresse au mouvement dans le paysage; comment un lieu se transforme quand nous nous déplaçons, comment nous le recréons à chaque pas, selon chaque perspective." (Le Monde, 18 avril 2008) Le prix d'entrée au concert est celui de l'exposition: 4 euros. Les Parisiens n'auront donc aucune excuse pour manquer cet évènement! Pour les fans de Robert Smithson, dans son agenda figure le 16 janvier 1970 à 20h30: "concert de Phil Glass". Ces trois artistes fréquentaient alors le légendaire café Max's Kansas City situé sur Park Avenue South.
La Monumenta 2008 de Richard Serra, l'exposition annuelle du Grand Palais, débute demain et se tiendra jusqu'au 15 juin sous le titre de Promenade. Le sculpteur américain est essentiellement réputé pour ses vertigineuses installationsde plaques d'acier. Ces formes métalliques lui ont été visiblement inspirées par les chantiers navals de la Baie de San Francisco où son père travaillait et où il a lui-même a travaillé au début des années soixante pour financer ses études à Yale.
Or, Serra n'est pas uniquement ce célèbre sculpteur-équilibriste du métal, c'est aussi un merveilleux graphiste. Il a aussi réalisé des œuvres environnementales comme Afangar, sur l'île de Videy en Islande, ainsi que des vidéos. Le DVD Art:21 Season 1 (PBS, 2001) donne un bon aperçu de ce personnage charismatique. Cette excellente série présente de nombreux autres artistes parmi lesquels James Turrell (à Roden Crater), Maya Lin, Bruce Nauman ou Louise Bourgeois. Serra, qui vient d'être fait Commandeur dans l'ordre des Arts et des Lettres, avait assisté à la création de la Spiral Jetty en avril 1970. Sur un cliché de Gianfranco Gorgoni déjà reproduit sur ce blog (13 mars), on le voit à Rozel Point en compagnie de Robert Smithson. Lors des funérailles de Smithson à New York, Nancy Holt avait émis le souhait d'achever Amarillo Ramp, l'œuvre que son mari survolait le 20 juillet 1973 en compagnie d'un pilote et d'un photographe lorsque leur avion s'est écrasé sur les berges de ce lac artificiel du ranch de Stanley Marsh à Amarillo dans le nord du Texas. Smithson venait d'en poser les derniers jalons. Richard Serra et Tony Shafraziont proposé à Nancy Holt de l'assister pour finir la sculpture. Lors de ce séjour à Amarillo, Serra et Holt ont réalisé une vidéo d'une dizaine de minutes intitulée Boomerang dans laquelle Nancy commente ses impressions alors que sa voix lui est renvoyée dans des écouteurs avec un certain délai. Etiquetée de 1974, cette vidéo date en réalité d'août 1973. Elle a été tournée dans un studio de KVII 7, une chaîne de télé locale dont le logo apparaît en incrustation à la 3ème minute. L'année dernière, pour la Monumenta 2007, l’artiste allemand Anselm Kiefer a réalisé Palmsonntag (Dimanche des Rameaux), un palmier couché qui rappelle à la fois Second Upside-Down Tree et Dead Tree(1969) de Smithson. Kiefer a également érigé un bâtiment de trois étages en ruine,Sonnenschiff (Vaisseau de soleil), qui ressemble singulièrement au dessin de Smithson intitulé Island of the Dismantled Building - Demolition Site, Vancouver (1970). Deux œuvres de Smithson,Nonsite: Line of Wreckage, Bayonne, New Jersey (1968) et Map of Broken Glass (Atlantis), Loveladies, New Jersey (1970), semblent se combiner dans la sculpture de verre brisé de Kiefer intitulée Sternenfall/Shevirat Ha’kelim(Chute d’étoiles/Bris de vases).
Ce titre hébreu et une possible allusion à la Nuit de cristal témoignent d’un certain embarras concernant la question de la Shoah. Kiefer semble en revanche moins empressé de rendre hommage à Smithson dans ses déclarations, malgré des similitudes évidentes. Kiefer venait de participer à l’exposition collective "Cosmologies" (11 janvier-10 février 2007) de la Galerie James Cohan de New York, qui représente la succession de Smithson. Cette exposition comprenait notamment des œuvres de Smithson et de Holt. Parmi les dizaines de documents (biographie, articles, vidéos) qui composent le site officiel de la Monumenta 2007, aucun ne fait la moindre allusion à Robert Smithson. Qu'y faire?